Entrepreneur·e HPI et communication

par Anne-Marie MECHERI
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Question communication, un certain nombre de personnes atypiques (hypersensibles, zèbres, aspies, …) vivent, parfois sans s’en rendre compte, dans un monde complètement différent des autres. C’est comme si on avait l’impression de parler une autre langue tellement la communication est parfois difficile. Mais pourquoi ?

Il y a quelques semaines, je vous dévoilais la découverte de mon atypisme, en 2018. Un jour qui a sans aucun doute changer ma vie. Cette découverte, ce n’est pas simplement une conclusion mais c’est aussi la compréhension de tout ce qui amène à cette conclusion. C’est comme ça que j’ai découvert que, verbalement, je vivais sur une autre planète partagée par seulement 0,1% de la population. Bref, ce moment de ‘découverte’ c’est un peu comme si on m’avait annoncé que, pendant toutes ces années, je parlais chinois pendant que les 999 personnes qui m’entouraient parlaient français. Sans que, ni elles, ni moi n’ayons remarqué. Mais aussi, j’ai appris que j’étais hypersensible et très empathe. Petit à petit, j’ai commencé à mieux comprendre tous les soucis de communication que je pouvais rencontrer au quotidien. J’ai fait beaucoup de recherches qui m’ont aidé à comprendre chaque situation que je pouvais rencontrer. Je vous partage aujourd’hui ce cheminement. 

entrepreneur zèbre surdoué

 

La communication de l’entrepreneur·e ayant un haut potentiel verbal : Le sens des mots

 

Vous avez dit synonymes et second degré ?

Souvent, les personnes atypiques ont une définition des mots beaucoup plus pointue et précise que la majorité des gens (notamment les aspies, et les zèbres ayant un très haut potentiel verbal – cf. : QIV). Il nous est très compliqué de comprendre le concept de synonymes car les nuances entre les notions sont très précises pour nous. Et alors me direz-vous ? Tant mieux, si on a un fort potentiel verbal, pourquoi s’en plaindre ?

Alors que la majorité des personnes utilisent souvent un mot pour un autre, ce n’est pas possible pour certaines personnes atypiques. Pour nous, les synonymes, ça n’existe pas. On peut, par exemple, ne pas comprendre le sens d’une phrase ou mal l’interpréter. On utilise chaque mot dans le sens strict du terme, chaque mot ayant sa place.

Il nous arrive parfois d’être incrédule une fraction de seconde, lorsqu’on nous parle, sans que la personne s’en aperçoive. On comprend bien que ce qu’on vient de nous dire n’a aucun sens. On retrouve très vite la bonne interprétation, en quelques fractions de seconde, imperceptibles pour la personne avec qui on discute. Mais parfois, la phrase a quand même du sens, mais pas le bon. On ne se doute donc de rien. En effet, combien de fois, ni nous ni notre interlocuteur n’avons remarqué cette incompréhension ? On ne sait pas. Et ça restera un mystère. 

 

Euh, ben, euh ….

Mais aussi, pour les mêmes raisons, il est assez difficile pour certains atypiques d’exprimer leurs idées rapidement. Il arrive que les mots ne viennent pas pour exprimer une idée ou une émotion car aucun ne correspond assez précisément. Là où une personne non atypique utiliserait un synonyme sans souci. Ainsi, les personnes ayant un haut potentiel verbal peuvent avoir des difficultés à exprimer ce qu’elles  pensent réellement de manière rapide ou du moins à la vitesse d’une conversation. 

Dans une situation de ‘désaccord’, on a souvent aucun répondant, on ne trouve pas les mots. Paradoxal, pour quelqu’un qui a un fort potentiel verbal, n’est-ce pas ?! 3 jours après, on va avoir des supers arguments, implacables … Ben ouais, mais c’est trop tard ! Ah oui, parce que c’est vrai aussi qu’on cogite beaucoup, mais ça c’est une autre histoire…
Avec les années, pour ma part, j’ai privilégié l’écrit, inconsciemment. Mais ça m’a valu aussi son lot de problèmes ! Face à la personne, on ne dit rien, tout est trop confus. Mais dans les jours qui suivent, elle reçoit un mail ou un message, et là … C’est toujours la même stupéfaction, l’incompréhension totale pour la personne qui le reçoit. 

 

Pas plus de 20 mots dans une phrase : mission impossible !

Et enfin, pour être certain que l’idée est bien exprimée exactement, il va nous falloir beaucoup de mots et d’exemples. Beaucoup. S’il manque un mot, on aura le sentiment de ne pas exprimer correctement notre pensée, et c’est inconcevable pour nous de laisser une imprécision dans une conversation. Comme le sentiment que ce mot, change complètement le sens de ce qu’on dit. Et les personnes non-atypiques ne sont pas toutes patientes. Elles ont besoin que tout soit concis, et que tout aille droit au but. Beaucoup se perdent dans les trop longues explications, ce qui est tout à fait légitime. D’ailleurs, pour l’anecdote 2.0, les plugins de SEO me reprochent toujours d’avoir de trop longues phrases. Pour la majorité, une phrase de 20 mots est considérée comme idéale pour la communication. Pour moi, c’est inconcevable. La preuve avec mes articles et ce Blog. Beaucoup de blogueurs suent littéralement pour écrire 2 000 mots (le minimum pour un bon réferencement).  Moi, j’écris 3 000 mots en 2h/3h sans souci, avec beaucoup de difficultés à m’arrêter. Je dois couper mes articles pour faire des dossiers. Pour autant, je ne suis pas du tout bavarde. Au contraire. Pour les raisons citées plus haut. 

 

Des connotations différentes

Le problème posé est  également que, comme nous avons une définition très fine des notions, nous ne partageons pas la même connotation des mots avec la majorité des personnes qui nous entourent. Mais on a aucune idée d’où “ça coince”.  Assez souvent, il arrive que : 

  • Nos propos soient mal interprétés et nos intentions, mal comprises. On peut parfois blesser involontairement. 
  • Nous interprétons mal les intentions des autres.  Au delà des problématiques d’hypersensibilité, on est souvent choqué de la dureté des propos des personnes qui nous entourent. On ne comprends pas pourquoi les personnes utilisent des mots si forts, qui nous blessent. Et on se rend bien compte que, eux, ne voient nullement le problème. La phrase prononcée est, pour eux, totalement anodine, et ils ne comprennent pas notre réaction. 

  

Entrepreneur·e zèbre : La communication non-verbale

La communication passe aussi par la lecture du non verbal. Il s’agit entre autres du regard et des expressions faciales, de la gestuelle. En fonction de l’atypisme, on peut avoir beaucoup de mal à interpréter ou au contraire plus de facilités que la moyenne. Dans les 2 cas, la communication est altérée.

 

Tel le Dr Cal Lightman, dans la série « Lie to me » ? Mouais bof …

lie to me communication non verbale zebre surdoué empathiePour ceux qui ont plus de facilités que la moyenne à comprendre la communication non verbale (gestuelle, micro-expression), du coup c’est une bonne compensation aux problèmes précédent pour confirmer ou infirmer l’information. Cela fait partie aussi du processus de l’empathie, très utile, dont je reparlerai ! Mais cela vient tout de même créer un fort déséquilibre dans la communication.

Pour ma part, j’ai découvert que j’avais plus de facilités que la moyenne. Après avoir découvert mon haut potentiel verbal, c’est une voie que j’avais explorée, pour comprendre. J’avais le sentiment, qu’à ce niveau quelque chose clochait. Je m’étais amusée à faire un test de lecture des émotions dans le regard (un test qui ne fait pas partie du WAIS). À ma grande surprise, j’avais trouvé le test extrêmement facile et rapide et j’avais fait un quasi sans faute. Du coup, j’avais pensé que ça devait être un test ‘bidon’.  En effet, vu mes soucis de communication, je m’attendais vraiment à l’inverse. Mais, non. En interrogeant un peu les personnes autour de moi et sur les groupes de discussion d’atypiques, je me suis rendue compte qu’elles trouvaient le test pas si simple et avaient, en général, tout juste un peu au dessus de la moyenne. Merde. 

J’aurai dû postuler dans l’équipe de Dr Cal Lightman (de la série Lie to me) ! Je préfère en rire plutôt qu’en pleurer. Pourquoi en pleurer me direz-vous ? Et bien en creusant, car tout ça me paraissait vraiment très louche, j’ai compris les mécanismes qui transformaient, chez moi, ce ‘pouvoir’ en très grandes difficultés. Et je vous les partage.

 

Ah bon, je te l’ai pas dit ? Mais ça se voyait quand même !

Tant qu’on ne le sait pas, on ne se pose pas de question : inconsciemment on s’imagine que ce qu’on voit chez les autres, les autres le voit chez nous. On a donc tendance à beaucoup communiquer de manière subtile, avec beaucoup de communication non verbale et d’implicites pensant que notre interlocuteur comprend. Bien sûr, ce n’est pas le cas. Et on en a aucune idée. Souvent, on attend certaines choses sans les exprimer clairement et on est alors assez frustré·e quand la personne en face ne prend pas en compte ces attentes et nos émotions. On ne comprend pas leurs comportements. Comme l’impression qu’on nous prend pour un·e idiot·e, à faire semblant de ne pas comprendre. Bien que ce soit tout de même vrai pour une minorité (ce serait trop beau un monde où tout le monde est de bonne foi), majoritairement, ce n’était pas de la mauvaise volonté ou en tout cas, pas de la malveillance. Elles n’ont réellement pas compris ce que on attendait ! Pensant à de la mauvaise volonté, vous imaginez bien que notre réaction n’est donc souvent pas appropriée à la situation. C’est une des raisons pour lesquelles certains empathes (qui ne se savent pas l’être), peuvent parfois passer, à tort, pour des personnes peu sympathiques et exigeantes, pour ne pas employer un autre terme …

 

Nous ne sommes pas tous des « Fabien Olicard », malheureusement…

fabien olicard mentalismeAvoir ‘quelques’ facilités innées à lire les micro-expressions, ne fait pas de vous un voyant ou un mentaliste, sauf si on le travaille à fond comme Fabien Olicard (soit dit en passant, j’adore ce type) ! Donc oui, on comprend vaguement que quelque chose ne va pas chez l’autre, mais on ne sait pas quoi. Donc, on fait des suppositions. Il paraît que les personnes hpi et certains empathes ont tendance à être assez lucides avec eux-mêmes et leurs défauts et à être plutôt pessimistes. Du coup, dans une conversation, dès que l’on sent le moindre malaise, on peut avoir tendance à le prendre pour soi. Alors que la personne peut être fatiguée, avoir un souci personnel auquel elle pense pendant la conversation, … Le 3ème des accords toltèques “ne pas faire de suppositions”, m’a beaucoup aidé, j’en reparlerai.

Cela influence complètement l’interaction qu’on peut avoir avec une personne. Déjà, parce instantanément, on modifie notre discours, alors même que la personne n’avait rien dit.  Mais aussi, parce que cela bloque toute la pensée. La conversation, de notre côté, s’arrête net car notre pensée est occupée à chercher ce qui ne va pas et là, on décroche complètement. On n’écoute plus ce que la personne nous dit, on se met en mode automatique : on continue de l’observer, voir si elle va avoir d’autres gestes ou expressions qui confirmeraient le malaise ressenti, on se repasse 500 fois les dernières phrases qu’on a dit en imaginant différents scénarios d’explications, et on commence à avoir un sentiment de honte en nous disant qu’on a dit quelque chose de ridicule ou un sentiment de forte culpabilité : aurions-nous blessé la personne ? Bien sûr, les normo-pensants ne s’imaginent pas une seule seconde qu’il se passe tout ça dans notre esprit durant une simple conversation. Et nous, tant qu’on ne le sait pas, on ne s’imagine pas que “tout ça” ne se passe pas chez les autres ! 

Bref, cette forte empathie ne fait que parasiter et changer le cours de nos conversations, sans raison légitime.

 

De quoi j’me mêle !

Bien sûr, dans un certain nombre de situations , ça apporte aussi beaucoup. Souvent, on ne se trompe pas forcément sur l’interprétation du malaise. Mais là encore dans un certain pourcentage de cas, ça ne nous est pas favorable ! Parce que la plupart des gens, dont je fais partie aussi, n’aime pas être ‘démasqués’, être mis à nu. Dans notre authenticité, nous les empathes et hypersensibles, on va parfois expliquer notre ressenti pendant la conversation. Et là, c’est le drame ! Souvent, on détecte l’émotion avant même que la personne n’en ait elle-même conscience. En effet, on a tous un décalage temporel entre notre attitude, notre ressenti physique et la conscience d’une pensée ou d’une émotion, moi la première. La personne est donc dans le déni total, et plus on lui explique, plus on l’énerve. Elle finira, si elle n’est pas trop fière, par nous avouer quelques heures plus tard, qu’on avait raison. Mais elle peut se vexer définitivement. Parfois, on tombe aussi sur des personnes qui ont très bien conscience de leurs pensées, et ne sont pas dans le déni, mais dans le mensonge, ou la mauvaise fois. On les confronte, totalement innocemment de notre côté, et ça ne leur fait pas plaisir, forcément ! 

 

Les difficultés à ne pas comprendre la communication non verbale

Pour ceux pour qui c’est une difficulté, je pense notamment aux personnes asperger, elle ne fait s’ajouter aux soucis de communication déjà existant. Je n’en parlerai pas plus que ça, car je ne voudrais pas m’avancer sur des situations que je ne vis pas (mais je suis ouverte à des articles invités sur la question !). Il faut, plus ou moins, ‘relire’ à l’envers tous les soucis que je vous ai décrit ci-dessus :
– On reproche souvent aux personnes aspies de ne pas avoir fait ce qu’on attendait d’elles, ça paraissait pourtant clair
– Lorsqu’elles parlent, elles ne sont pas parasitées par la communication non verbale. Du coup, elles peuvent s’exprimer sur un sujet de manière inappropriée, sans se rendre compte du malaise, de l’ennui de leur interlocuteur, elles peuvent blesser, …
– Ne comprenant pas correctement la communication non verbale, les personnes aspies ne l’utiliseraient pas non plus. On dit parfois, qu’elles ont moins de micro-expressions ou de gestuelle. Difficile donc pour la personne en face de connaitre leur ressenti.

 

Entrepreneur atypique : le ‘décrochage’

Les personnes hpi décrochent beaucoup. Vraiment beaucoup. Il semble que cela arrive à tout le monde : on parle avec quelqu’un et puis tout à coup, on part dans nos pensées … Chez certains atypiques, comme les hpi, le flot des pensées étant important, cela arrive constamment. Pour ma part, il est rare que lors d’une conversation de plus de 5 minutes, cela ne m’arrive pas ‘au moins’ 1 fois.

 

Toujours la tête dans les étoiles

À quoi on pense exactement ? Si la conversation ne revêt pas assez d’intérêt pour nous maintenir concentré, on se met à penser à nos préoccupations du moment. Quand la conversation est très intéressante, partir dans nos pensées nous arrive quand même ! Souvent ce sont des associations d’idées : la personne en face de nous va prononcer un mot ou émettre une idée qui va nous amener à une autre, puis 3 autres, … En une fraction de seconde, on se retrouve au Vème siècle en train de faire de la poterie. Notre cerveau fait beaucoup d’association d’idées, tout le temps. Dès qu’un mot est prononcé, une idée émise, une sensation est ressentie, c’est comme un moteur de recherche qui va aller chercher toutes les correspondances dans notre passé et notre savoir, et qui les ressort sans faire le tri. Assez souvent, c’est bien pratique, mais parfois ça n’a aucun intérêt. Bref, on décroche donc beaucoup et tout le temps, pendant nos conversations, mais aussi de notre propre pensée … 

 

Moi, je ne t’écoute pas ? Mais si !

Inconsciemment, on met en place des mécanismes et des stratégies pour que cela ne se remarque pas et que cela n’ait pas trop d’impact. Ces mécanismes étaient tellement bien mis en place chez moi, que je n’avais pas ressenti plus que ça les décrochages, ni mon entourage, bien que je sois un peu dans la lune par moment. Mais pendant ces 2 années depuis la découverte de mon hpi, je me suis beaucoup observée et ma moitié, qui est mon associé, aussi. Il a commencé à pas mal s’en rendre compte : il me ‘réveillait’ une bonne dizaine de fois par jour. On ne s’était pas rendue compte tous les deux, à quel point je décrochais si souvent. Ça a été une période difficile, car c’était extrêmement agaçant pour lui. Et puis, je crois qu’il a commencé à faire semblant de ne plus remarquer et j’ai sans doute amélioré inconsciemment mes stratégies.
Dans la communication professionnelle, ça peut donc être compliqué pour nos collaborateurs : une impression qu’on ne les écoutent pas, un agacement qui est légitime… Mais surtout, on rate des informations extrêmement importantes, des morceaux de conversation entiers utiles à l’avancement d’une tâche, la résolution d’un problème.

 

La communication de l’entrepreneur atypique : le téléphone

C’est un moyen de communication peu apprécié par certains atypiques, dont je fais partie. Ce n’est pas un moyen de communication ‘logique’. S’appeler pour se dire bonjour et prendre des nouvelles mais sans vraiment savoir ce qu’on a à se dire est complètement dénué de sens. Il y a un certain nombre d’interactions et de codes sociaux, qui ne sont pas compris par les personnes atypiques. On suit le mouvement, car on a compris que c’était comme ça qu’il fallait faire, mais honnêtement, on ne comprend pas du tout la logique du truc. Le téléphone en fait partie.

Et, du coup, il y a l’angoisse de ne pas savoir quoi dire ou d’avoir du mal comprendre quelque chose (et ne pas pouvoir se reposer sur la communication non-verbale, si c’est une béquille importante comme c’est mon cas). C’est aussi un moyen de communication en direct. Là encore, ce n’est pas notre point fort.

Le problème quand on est chef·fe d’entreprise, c’est que le téléphone, c’est un moyen de communication indispensable : on doit appeler ses clients, ses partenaires, … On peut en arriver à repousser un appel important et créer des situations boules de neige qui vont créer une désorganisation et un mécontentement de nos clients. Ça m’est souvent arrivé.

D’autant plus, qu’on ne s’en rend pas forcément compte qu’on a mis en place une stratégie d’évitement. On peut alors parler de phobie du téléphone, qui n’est pas consciente.

La plupart des gens, pour régler rapidement un souci, aiment bien appeler directement. Donc toi, t’envoies un mail pour expliquer et tu t’attends à ce qu’on te réponde par mail, et dans les 3 secondes le téléphone sonne. Tu commences à suer et à paniquer « je réponds, je ne réponds pas, mais pourquoi elle répond pas par mail !?! » Pour les raisons évoquées ci-dessus, parfois tu n’as pas envie de répondre, car tu sais que tu n’arriveras rien exprimer oralement.

Et puis maintenant avec What’s app et messenger, c’est quoi ce truc d’envoyer des messages vocaux ?!? Donc tu reçois un message vocal, mais toi, tu réponds par écrit (un texte de 25 lignes), t’as pas l’air con.

 

La communication atypique : concrètement, quelles conséquences pour un·e entrepreneur·e ? Quelles solutions ?

Individuellement, chacun de ces soucis a une manifestation assez subtile et semble insignifiant. Mais quand ils s’accumulent, dans une vie si chargée et communicative qu’est celle d’un·e entrepreneur·e, ça complique énormément le quotidien, surtout lorsqu’on est pas au courant.  

Les problèmes posés par la communication de l’entrepreneur atypique

  1. Il y a beaucoup de malentendus dans la vie d’une personne atypique, plus ou moins dommageables.
  2. Il en découle également une grande difficulté à énoncer son point de vue, si ce n’est pas préparé.
  3. Et lorsque c’est préparé, et qu’on y arrive, ce sont nos interlocuteurs qui décrochent. Ce qu’on raconte est franchement ennuyeux et trop compliqué. N’ayons pas peur des mots : on est franchement chiant.
  4. Cela bloque le réseautage et tout le monde sait qu’en tant qu’entrepreneure, le réseau, c’est le nerf de la guerre ! En effet, ces malentendus à répétition, les situations de ridicule qui s’accumulent, et ce sentiment que l’on ennuie, créent, avec les années, une timidité. Un malaise et un manque de confiance s’installent en nous. On est souvent en retrait. Ça peut se transformer en phobie sociale. Ça nous donne une image d’une personne froide, distante voir qui n’applique pas les règles basiques de savoir-vivre et de bienséance.
  5. Quand on est chef d’entreprise, on a des collaborateurs, des sous-traitants, … de telles incompréhensions qui se répètent peuvent amenés à des relations extrêmement tendues.

 

Mes solutions

  1. Exprimer clairement ses idées, ce qu’on veut, ce qu’on ressent. Quitte parfois à expliquer des choses qui paraissent trop évidentes. Ça ne l’est jamais en réalité. Au début, on ne sait pas toujours comment jauger. Dans cette phase, on a vraiment peur de donner l’impression à la personne en face qu’on la prend pour une idiote (sans que ce soit péjoratif, vraiment, au contraire). Il faut dépasser cette peur, qui est souvent infondée car nous n’avons pas les mêmes repères que les autres. Autant que faire se peut, il faut éviter d’utiliser trop d’implicites. C’est un gros travail, car c’est toute la communication qui doit être revue. 
  2. Ne jamais donner son avis immédiatement lors d’une conversation orale. Mon avis sur le moment est toujours très différent de celui que j’aurai dans 3 jours.  Autant que faire se peut, toujours dire à nos interlocuteurs qu’on y réfléchit, car même si on a le sentiment que ce qu’on pense à ce moment est notre point de vue définitif, ça ne l’est jamais. 
  3. Beaucoup communiquer avec des émoticônes. C’est tout con, mais ça m’aide beaucoup ! Parce qu’à l’oral, les autres ne comprennent pas toujours aussi bien que moi mes expressions (du visage), parce que j’ai la phobie du téléphone, et que je privilégie donc l’écrit. Vraiment, les émoticônes c’est parfait ! Il n’y en a pas toujours assez pour exprimer ce que j’aimerais, mais c’est déjà pas mal. Je ne les utilise pas sur ce Blog (ça fait un peu trop langage SMS), mais il serait bien utile. Car j’ai un humour particulier, un langage et un vocabulaire particulier, je le sais. Et les émoticônes donne un bon coup de pouce à mes interlocuteurs pour me comprendre. Ça ne fait pas toujours ‘sérieux’, mais tant pis !
  4. Savoir ‘regretter’ la situation d’ incompréhension. Bien réexpliquer ses intentions en s’excusant de s’être peut-être mal exprimée (même si ce n’est pas forcément le cas) … 
  5. Il faut limiter le nombre de personnes avec lesquelles on collabore. Il est impossible d’éviter les incompréhensions. Le piège dans lequel tous les atypiques (détectés tardivement) tombent est de se dire : maintenant que je sais, que je connais mon mode de fonctionnement, tout va changer. Erreur. Il faut donc ne travailler qu’avec des personnes qui nous comprennent. La première incompréhension avec quelqu’un doit être un test. Quand on explique 1 fois, puis 2 et que la situation reste bloquée, il faut abandonner. Il faut apprendre à lâcher prise : tant pis, certaines personnes ne nous comprendront jamais et certaines même nous jugeront, tant pis ! Il faut résister au besoin irrépressible que la personne comprenne avec des explications à n’en plus finir. Cela étant, il peut s’agir de personnes tout à fait sympathiques et bienveillantes, ce n’est pas la question. C’est le grand avantage d’être chef·fe d’entreprise : on peut choisir avec qui on travaille ! Et ça, ça n’a pas de prix !
  6. Concernant la phobie du téléphone, une fois qu’on en a conscience, la moitié du travail est déjà fait. On organise son mode de travail pour ne pas avoir besoin d’appeler trop souvent. Et quand il faut appeler, on le fait tout de suite : pas de procrastination, on prend son courage à deux mains !
  7. Les gens n’aiment pas être analysés. Personne n’apprécie, qui qu’on soit. Quand les personnes non atypiques apprennent que les personnes hypersensibles et zèbres analysent tout et tout le temps, ça les met mal à l’aise. Comme si c’était du voyeurisme ou de la supériorité (Madame/Monsieur « je sais tout »). Ils ne comprennent pas forcément, que c’est malgré nous qu’on fait tout ça et que cela n’a aucune dimension malsaine ou hautaine. Si en plus on leur impose nos analyses de leur ressenti, c’est agaçant et effrayant. Chacun a envie de garder son intimité. Il faut donc s’évertuer à, parfois, ne rien dire, même si c’est difficile. 
  8. Le 3ème accords toltèques : ne pas faire de suppositions ! C’est un accord qui m’a beaucoup aidé. Je ressens beaucoup les émotions des autres, mais je fais aussi beaucoup de suppositions sur les raisons de ces émotions. Autant que faire se peut, j’essaie de ne plus en faire. S’il le faut, je pose clairement la question, pour confirmer ou infirmer.
  9. Concernant les décrochages, j’avoue que je n’ai pas encore beaucoup ‘traité’ le problème. Une stratégie que j’avais déjà c’est de ne pas se sentir gênée de demander à la personne de répéter ce qu’elle vient de dire, tout simplement.

 

N’hésitez pas à compléter cet article en commentaires, avec vos expériences et vos conseils ! 

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