Et si le monde des [WEDDING] bisounours existait ? Ou comment être entrepreneur·e ET hypersensible/bienveillant ?

par Anne-Marie MECHERI
entreprise entrepreneur monde des bisounours

Vous vous demandez si être hypersensible, et/ou simplement bienveillant, est vraiment compatible avec le [Wedding] entrepreneuriat. Vous avez peur d’être trop ‘gentil·le’ et que cela ait un impact sur la bonne marche de votre petit Wedding Business. On vous dit souvent qu’on est pas dans le “monde des bisounours” et ça vous touche. Cette crise du Covid-19 a ébranlé votre confiance en vous, à être un·e “véritable” entrepreneur·e, étant trop sensible, d’après les pros qui vous entourent, face à la détresse de certains clients.

Cet article est fait pour vous ! Hypersensible moi-même, je vis toutes ces situations au quotidien. J’avais envie de les décrypter et vous faire part de mon expérience et des doutes que j’ai encore.

Attention, cet article peut heurter la sensibilité de certains ‘non-sensibles’ ou ‘non-bienveillants’. 

 

La théorie “du monde des Bisounours” dans le monde professionnel

Comme le dit Luc Cédelle, dans le début de son article sur le site “Le Monde”,  intitulé “« On n’est pas chez les Bisounours », l’histoire d’un cliché politique et journalistique“, la théorie du monde des bisounours pourrait se résumer par :

“Vous ne connaissez rien à la vraie vie, à ses contraintes et ses complexités, laissez donc les grandes personnes s’occuper des choses sérieuses !”

Et Solarmanagement.fr, de répondre, dans son superbe article sur la question, 

” Vouloir vivre ‘dans le monde des Bisounours’  ce n’est pas nier les difficultés de la vie, les gens violents ou les épreuves sur le chemin, c’est en refuser la fatalité et continuer à œuvrer pour rendre le monde meilleur.” 

 

Monde des Bisounours et monde du Mariage, si incompatibles ? 

Pourtant, c’était plutôt bien parti … 

L’industrie du mariage est le milieu professionnel qui fête l’amour, tout de même.  L’amour, l’une de ces superbes émotions qui définit notre humanité. C’est, pour beaucoup d’hypersensibles et/ou de bienveillants, l’une des raisons principales d’avoir fait le choix de cette carrière. Et puis, parfois, dans certaines situations, c’est la douche froide. ‘Certains’ nous rappellent très clairement que, la wedding industrie ce n’est pas “fêter l’amour” mais c’est du business avant tout !

  

Un clivage entre les bisounours et les autres, depuis le début de la crise Covid-19 

Suite à mon article sur la ‘taxe’ Covid-19. J’ai reçu beaucoup de témoignages, et je vous en remercie. Les mêmes mots reviennent. Cette expression aussi. Ça m’a beaucoup attristée. Et ça m’a donné l’envie d’écrire à ce sujet. D’un côté, il y aurait ceux qui essayent de se rassurer que leurs pratiques sont éthiques et de l’autre, les hypersensibles, les bienveillants, … bref, les bisounours !

Tous les hypersensibles et les bienveillants se sont tout à coup retrouvés montrés du doigt avec la peur de se faire taxer de quelqu’un qui “se croit dans le monde des bisounours”.

Cette expression, elle me surprend. Elle m’agace. Mais elle est extrêmement révélatrice de la situation dans laquelle nous nous trouvons. Et vous allez voir que, finalement, elle est rassurante.

Clairement, elle est péjorative et elle a uniquement pour objectif de vous toucher, vous déstabiliser et vous infantiliser. Dans quelle situation aurait-on besoin d’infantiliser quelqu’un ? Et bien lorsqu’on a besoin de se relever soi-même, se déculpabiliser et rassurer son ego, pardi !

 

Les ‘vrai·e·s’ chef·fe d’entreprise … et les autres

D’abord, s’il y a bien une chose à retenir lorsqu’on nous fait un reproche, injustifié ou disproportionné, de manière agressive, c’est que c’est juste une projection ! Une personne qui a besoin de mettre en doute VOTRE ‘maturité’ professionnelle en utilisant cette expression, est une personne qui a un grand manque de confiance en elle et qui a justement peur de ne pas être crédible en tant que chef·fe d’entreprise. Elle projette cette peur sur vous. En effet, vous remarquerez que, dans le monde de l’entrepreneuriat, cette expression est toujours mise en opposition à “être un·e vrai·e chef·fe d’entreprise”.

Soyons honnête, le monde du mariage a une image assez ‘fleur bleue’ dirons-nous. Même lorsqu’on a une belle notoriété dans le milieu, une fois sorti·e de la Wedosphère, c’est pareil pour tout le monde. Les personnes qui nous entourent et qui n’y connaissent rien ont tendance à dévaloriser l’image des pros du mariage : “Mais c’est un ‘vrai métier’ ?” “Oh, tu bosses dans le mariage, c’est ‘mignon’ !”

Le problème, est que certains pros du mariage, n’acceptent pas cette étiquette. C’est tout à fait légitime, humain et normal de se sentir touché·e. Mais, pour certains, ça devient malheureusement parfois un véritable complexe au point d’avoir besoin, par tout moyen, de prouver que le mariage c’est du Business, et que “je suis un·e vrai chef·fe d’entreprise, moi !”. 

Ainsi, se détacher des autres professionnels du mariage qui donneraient, à leurs yeux, une image trop ‘sensible’ de l’industrie du mariage, en utilisant maladroitement cette expression blessante, est juste un moyen, pour eux, de réaffirmer le sérieux de leur métier en excluant ceux qui ne correspondraient pas à LEURS normes, à mon point de vue. 

Comme le dirait l’un des accords toltèques : n’en faites jamais une affaire personnelle. Ce n’est pas VOTRE problème, mais celui de la personne qui vous juge. Laissez-la régler ça avec elle-même !  Pour autant, il ne s’agit pas de jeter la pierre à ces professionnels. Mais au contraire, les aider à lâcher prise, à assumer cette part de sensibilité dont ils ont si peur,  et à aller au delà du regard des autres. Il est important aussi de leur faire savoir que faire des erreurs (de jugement), c’est humain et qu’on est tous OK avec ça ! On peut changer d’opinion (et de ‘camp’), aussi. Le monde des bisounours est ouvert à tous. Enfin, va falloir choisir d’autres mots pour leur dire, sinon, on risque de passer pour des personnes un peu perchées, pour ne pas changer. Quoi que, si certains tombent sur cet article, avec l’image des bisounours en couverture, on est déjà grillé !

 

On se rassure comme on peut

Au delà de ce besoin de vouloir légitimer son statut de chef·fe d’entreprise et cette angoisse de ne pas être pris au sérieux, il y a aussi la nécessité de se déculpabiliser. Nous sommes dans une situation tout à fait inédite. Il y a toute sorte de solutions qui se présentent à nous. Il y a celles qui sont bienveillantes, et il y a celles qui sont légales mais peu éthiques. Cette crise sanitaire a malheureusement créé un fossé entre les deux. Comme si vouloir sauver son business légitimait tout à coup certaines pratiques. Il semblerait pourtant que ces agissements ne concernent qu’une minorité de professionnels du mariage. Mais plus le grand nombre laisse passer, par peur d’être jugé, plus ces pratiques passent pour ‘normales’ jusqu’à ne plus choquer personne.

Là encore, il ne s’agit pas de jeter la pierre. Nous avons chacun notre manière de réagir à une situation angoissante. Pour autant, il ne s’agit pas non plus de ne rien dire. Ne rien dire c’est laisser place à la dérive. C’est comme ça que, dans nos sociétés, on se retrouve dans des situations légales complètement incongrues qui sont un reflet d’un manque d’éthique et d’humanité plus que flagrant. Si nous voulons une industrie du mariage bienveillante, c’est à chacun d’entre nous d’y travailler et de la défendre. On peut travailler tous ensemble, dans la solidarité, à donner une image bienveillante de l’industrie du mariage, tout en protégeant nos petits business. Les deux ne sont pas incompatibles ! 

 

Bref, pros du mariage hypersensibles et/ou bienveillants, rassurez-vous et soyez même fièr·e·s qu’on vous taxe de quelqu’un qui “se croit dans le monde des bisounours” :
– cela signifie, que vous, vous êtes bien dans vos baskets et que c’est plutôt la personne qui vous le dit qui pas mal de choses à régler avec son ego
– cela signifie que vous êtes sur la bonne voie : ce que vous faites est bien. Si cela ne l’était pas, cela ne créerait pas un besoin de se déculpabiliser, et donc d’utiliser cette expression pour le faire !

 

Être hypersensible et bienveillant c’est quoi ?

 

Mais finalement c’est quoi être hypersensible et/ou empathe ?

Une illustration vaut parfois mieux que mille mots, alors je vous laisse (re)découvrir la BD, devenue virale, de l’illustrateur Pierrick Marinez !             

Et la bienveillance dans tout ça ?

Si l’hypersensibilité est innée (c’est un mode de fonctionnement du cerveau, comme avoir les yeux marrons), la bienveillance ne l’est pas et l’empathie peut se travailler. 

La bienveillance est une disposition positive envers quelqu’un : vouloir son bien. C’est désirer sincèrement le bonheur d’une personne. C’est un ‘mot’ très tendance en ce moment, et ce n’est pas pour rien ! 

Attention, hypersensibilité n’est pas synonyme de bienveillance et dans ce domaine, nous sommes sur un pied d’égalité avec le reste du monde. Alors oui, être hypersensible nous donne un avantage d’être naturellement empathe et donc d’avoir naturellement l’envie d’être bienveillant. Mais par contre, lorsque les émotions négatives nous envahissent, il nous est difficile de sortir de ce brouillard et, à ce moment, la bienveillance nous est particulièrement difficile, et peut être plus difficile que pour les personnes non-hypersensibles. 1 partout, la balle au centre. La seule différence c’est qu’il est assez rare pour une personne hypersensible d’être malveillante volontairement, c’est toujours son trop plein d’émotion qui l’amène à l’être et non l’envie de blesser. 

Bref, que nous soyons hypersensibles ou non, la bienveillance est donc un état d’esprit qui nous concerne tous et que nous devons tous travailler.  Moi la première ! Complètement imparfaite, je suis parfois loin d’être un modèle de vertu en matière de bienveillance. J’aimerai l’être au quotidien et j’y travaille beaucoup. Mais comme bon nombre d’entre vous, mon hypersensibilité ne m’y aide parfois pas. 

Le sujet est très vaste et je risque de m’écarter un peu du thème que l’on aborde ici. Je n’en dirai donc pas plus, mais je vous prépare d’autres articles plus complets au sujet de la bienveillance et du [wedding] entrepreneuriat ! Et bien sûr, je suis ouverte à tout témoignage. 

 

Pourquoi être empathe naturellement est très utile dans la vie d’un·e [wedding] entrepreneur·e ?!

  

Ce que j’appelle empathie ‘naturelle’

Comme je l’ai dit précédemment, l’empathie peut se travailler, même si elle est davantage innée chez certaines personnes (hypersensible, hpe, hpi, …). Alors pourquoi je parle d’empathie ‘naturelle’ ? Parce qu’à mon sens, il y a 2 manières de travailler son empathie. Celle qui vous permettra de l’améliorer parce que vous ressentez profondément l’envie d’être bienveillant (et qui finira par devenir de l’empathie ‘naturelle’), et celle qui est très “technique”, qui vous permettra de mieux vendre vos prestations. À mon humble point de vue, on n’apprend pas à être empathe, on décide uniquement de valoriser certaines valeurs profondément ancrées en nous, que d’autres personnes ne possèdent parfois pas. 

À mon point de vue, lorsqu’on le veut vraiment et sincèrement, on peut donc tous être bienveillants et empathes naturellement (sauf pathologie, mais ça c’est une autre histoire).  

 

Être bienveillant·e, ou comment ne plus avoir besoin de formation commerciale

J’ai vu récemment sur Facebook un Workshop passer intitulé : “comment utiliser l’émotion pour rentabiliser son activité” ou quelque chose comme ça. J’ai ri, mais j’ai ri ! Déjà parce que pour moi, c’est un peu un non-sens d’associer directement empathie et profits. Mais aussi, parce que je me dis qu’il y a des personnes qui ont besoin d’apprendre à être empathes. Alors oui, dans mes formations, j’en parle et j’apporte des conseils pour vous aider à utiliser la roue de l’empathie. Mais de là à faire tout un workshop sur l’utilisation des émotions des clients pour augmenter directement son CA … Ça part d’une bonne intention, et je félicite bien sûr cette initiative. Mais je reste perplexe. Capter les émotions, et faire preuve d’empathie, permet de mieux vivre avec les autres et donc mieux satisfaire vos clients et vivre pleinement votre métier. Croire que l’empathie est une stratégie commerciale pour rentabiliser son business, c’est se fourvoyer complètement.

Que nous apprend donc l’existence toutes ces techniques commerciales : que l’empathie est une véritable compétence professionnelle, que vous possédez de manière innée : réjouissez-vous ! Il y a des personnes qui ont besoin de dépenser du temps et de l’argent pour obtenir imparfaitement cette compétence.

L’avantage d’être bienveillant et empathe naturellement comparé à la pratique de certaines techniques commerciales c’est que vous laissez votre intuition faire son travail au lieu de reproduire des actions machinalement et consciemment. Parfois, certains clients ne sont pas faits pour vous. Dans nos métiers, je suis d’avis qu’il faut privilégier le ‘feeling’, pour vendre ses prestations, plutôt que le ‘forcing’ (ou même la manipulation).

Et avez-vous remarqué qu’aujourd’hui, les formations “technico-commerciales”, comme on les appelait il y a encore 10 ans, qui changent petit à petit de dénomination et qui semblent être d’un autre temps, laissent petit à petit la place à des formations de ‘bienveillance’, des temps de médiation au sein des grandes entreprises ? De plus en plus, les métiers de commerciaux évoluent. On parle de plus en plus de management bienveillant. Et ce n’est pas Forbes qui dira le contraire dans son article “Soft Kills, les 15 compétences douces à maîtriser” qui affirme que :

“Pour être performant au travail, les seules compétences techniques ne suffisent plus. Salariés et manager [ou entrepreneurs] doivent développer des qualités non professionnelles telles que la créativité ou l’empathie.” 

 

Utiliser son hypersensibilité pour mieux s’épanouir dans sa vie d’entrepreneur·e

Au delà de l’étape de vente de nos prestations, qui n’est finalement qu’une partie minime de notre quotidien, notre empathie nous est très utile dans nos relations avec nos clients et nos partenaires.

L’empathie et la bienveillance nous permettent à tous de vivre des relations plus harmonieuses. Si nous avons choisi d’être entrepreneur·e, c’est parce que nous avons voulu exercer un métier épanouissant. Ces deux outils nous aideront à avoir de bonnes relations professionnelles qui auront assurément un impact sur notre épanouissement mais aussi, très concrètement, sur la réussite de notre activité : nos clients seront contents, nos partenaires nous recommanderont, … C’est un véritable cercle vertueux. 

 

Pourquoi les générateurs de bienveillance sont indispensables au sein de la wedding industrie ?

Comme dans tous les milieux professionnels, le monde du [wedding] business a besoin de nous plus que jamais. Que ce soit dans les moments difficiles, comme en ce moment, tel un “toxic handler” ou dans les périodes de forte croissance. Depuis plusieurs années, le monde professionnel connait de profonds bouleversements, et le bien-être au travail est un objectif majeur de ces transformations. D’ailleurs, si la plupart d’entre nous avons choisi l’entrepreneuriat, c’est souvent pour cette raison. De la même manière que lorsque nous étions salarié·e au sein d’une entreprise, chacun d’entre nous est une partie du puzzle dont toutes les pièces sont interdépendantes. Un équilibre fragile que la bienveillance aide à maintenir. C’est d’autant plus vrai aujourd’hui, en cette période de crise. Nombre d’entre nous vivent des moments compliqués, nous avons tous besoin de solidarité et de bienveillance autour de nous, afin de nous épanouir pleinement dans nos métiers. 

 

Trop bon …  trop con ?

En faisant quelques recherches sur le sujet, je suis tombée sur cet ouvrage que je vais sans doute me procurer. Et j’ai beaucoup aimé son introduction. Cet auteur m’a enlevée les mots de la bouche. Je ne l’aurais pas dit dans cet article, par bienveillance mais : 

gentil et pas con

“Nous vivons dans un monde de vrais sadiques, de violents, de pervers – de pervers narcissiques même ! –, de nocifs et de toxiques. De salopards, en un mot cru. Vous ne le saviez pas ? Mince, désolé de vous l’apprendre ! La gentillesse et la bienveillance n’ont pas forcément bonne presse dans ce monde de « méchants ».

 

Pourtant, depuis toujours, cette forme d’altruisme, où chacun peut veiller au bien commun, est la base de la réussite de tous types de projets collectifs et permet l’épanouissement individuel. La bienveillance est le ciment essentiel du changement. Dès maintenant !”

 

Être bienveillant·e ne fera pas de vous une personne naïve

Trop bon, trop con ? C’est la peur d’une majorité d’entre nous. Le monde du business n’est parfois pas tendre. Et si ma gentillesse me perdait ? Beaucoup de comportements non-bienveillants se justifient donc comme ça. “Je n’ai pas le choix, ce sont les lois du business, les autres ne me feront pas de cadeaux, eux”. Comme si ‘réussite’ et ‘bienveillance n’étaient pas compatibles. Peur qu’en étant bienveillant·e, on devienne ‘naïf·ve’.

Je vous rassure donc. Comme dit plus haut, l’hypersensibilité et la bienveillance sont 2 choses différentes. Alors oui, je confirme que certaines personnes ayant un fonctionnement cognitif atypique (hypersensible, hpi, hpe, aspie, …) peuvent être naïves. Mais cela n’est pas contagieux et être “juste” bienveillant·e, ne transformera pas votre fonctionnement cognitif et votre capacité à évaluer les situations où, clairement, on vous prend pour un·e con·ne et à vous en défendre. 

 

Pourquoi les personnes atypiques peuvent être ‘naïves’ ?

Je ne rentrerai pas trop dans les détails, car ce n’est pas mon métier et je ne suis pas du tout spécialiste. Mais pour faire court, certaines personnes ayant un fonctionnement cognitif atypique qui impacte le processus d’empathie (et notamment les personnes hypersensible et/ou hpi, hpe, aspie, …) peuvent faire preuve de ce qu’on appellerait de la “naïveté” dans certaines circonstances. Et c’est une situation d’autant plus difficile à vivre et paradoxale que ces personnes sont généralement dotées d’une grande intelligence, parfois largement supérieure à la moyenne (hpi, aspie). En effet, la meilleure connectivité des neurones permet des échanges plus rapides et donc plus nombreux entre les différentes parties du cerveau. Ceci va être à l’origine d’un meilleur ressenti de ce qui se passe autour de nous, tout est capté et traité inconsciemment, comme un 6ème sens. Ce qui amène à une empathie plus grande que la moyenne. Et plus on a d’empathie, moins on est capable d’avoir des pensées malveillantes.  Faire du mal à quelqu’un volontairement est très difficile à comprendre pour nous. Il est prouvé scientifiquement que certains fonctionnements cognitifs atypiques sont complètement incapables d’avoir des pensées malveillantes. 

De ce fait, dans la mesures où les pensées malveillantes nous sont impossibles, ou presque, nous sommes incapables d’anticiper une action malveillante à notre encontre. Là où les autres ont déjà, inconsciemment, anticipé toutes les possibilités d’actes malveillants dont ils pourraient être victimes dans telle situation, nous, nous en serons incapables. Toutes ces possibilités ne nous viendront pas à l’esprit. C’est donc très paradoxal pour des personnes qui, à contrario, vont beaucoup cogiter au quotidien, voient toutes les possibilités de danger dans toutes les situations (et sont donc souvent anxieuses ou phobiques), sont très créatives et inventives, ont souvent une pensée en arborescence … sauf dans ce domaine précis qu’est la malveillance. 

Et bien sûr, les gens malveillants ont un 6ème sens pour reconnaître les personnes hypersensibles et empathes. Ça n’est même pas conscient, ni pour nous ni pour eux. Mais ils le savent. Et ils vont l’utiliser. Il paraîtrait même qu’il existe une sorte d’attraction entre les PN et les personnes hypersensibles, qui sont leurs proies favorites. Mais bon, ceci est un autre sujet. Tout ça pour dire que si vous avez l’impression d’attirer toujours les ‘méchants’, comme dirait Franck Martin,  rassurez-vous ce n’est pas juste une impression ! 

  

Quand l’hypersensibilité se défend toute seule

La découverte de son atypisme est déjà la première étape. Quand on sait, ça change déjà notre regard et notre attitude. Mais il ne faut pas non plus croire que cette connaissance permet de contrôler votre mode de fonctionnement. 

Ensuite, en faisant le bilan de toutes ces années d’entrepreneuriat, de toutes les situations où j’ai pu être victime de malveillance, je me suis rendue compte que finalement, sans rien faire consciemment, mon mode de fonctionnement, qui m’avait mise dans cette situation, m’en avait sorti également. Et j’ai repéré 4 raisons : 

  1. Lorsque l’on découvre une malveillance à notre encontre, en tant qu’hypersensible, nous allons avoir une réaction extrêmement forte (souvent disproportionnée) et surtout, inattendue. La personne à l’origine de la malveillance, qui s’était préparée à différentes réactions possibles se retrouvera toujours désarçonnée face à la nôtre, toujours. Nous, nous n’avons même pas conscience que notre réaction n’est pas ‘normale’. Mais la personne qui a l’habitude d’être malveillante, elle, saura qu’elle est tombée sur une personne ‘particulière’, et à ce moment elle regrettera fortement. Sans le vouloir, on la prend de court. 
  2. Notre grande intelligence, nous permet d’analyser très rapidement la situation et tous les éléments qui la compose. Ainsi, on peut cogiter pendant plusieurs jours, bien malgré nous. On va finir par apporter une ‘réponse’ à cette attaque, extrêmement complète dont le raisonnement est très poussé et qui ne laissera la place à aucune possibilité d’échappatoire pour la personne malveillante. Cette fois-ci, consciemment, on la bloque dans sa tentative. 
  3. Notre très bonne mémoire va nous permettre d’enregistrer toutes les malveillances dont nous sommes victimes, tout au long de notre vie, même la plus insignifiante. S’il est vrai qu’on peut être naïf·ve, il est également vrai  qu’on ne se fait jamais avoir deux fois pour la même chose. Le risque est qu’avec l’âge et l’expérience, on soit moins naïf·ve mais plus méfiant·e. Ce qui n’aide pas toujours dans les relations et qui peut surprendre certaines personnes finalement bienveillantes. Il faut trouver le bon équilibre. 
  4. Enfin, je vais être un peu dure mais, j’ai remarqué que, souvent, les personnes malveillantes n’étaient pas toujours des ‘lumières’. Pour reprendre une citation que l’on voit souvent passer sur les réseaux sociaux : “Mon ami, la bougie de ton intelligence n’éclairera efficacement ta vie que le jour où tu arrêteras de souffler toi-même dessus”. En bref, souvent, il n’y a pas besoin de faire grand chose, le problème se règle de lui-même. J’avoue que pour ma part, cela représente au moins 2 situations sur 3. En 15 ans d’entrepreneuriat, nous avons donc beaucoup rigolé. Oups, je ne suis pas très bienveillante là … 

 

“Le problème avec le monde, c’est que les gens intelligents sont pleins de doutes tandis que les plus stupides sont pleins de confiance.”

Charles Bukowski

 

Ça va vous surprendre, mais pour moi le bilan est plutôt positif ! Déjà, aucune de ces malveillances, et il y en a eu un certain nombre, n’ont eu d’impact négatif sur mon entreprise. Ça a été surtout difficile émotionnellement. Et chacun de ces épisodes a été une formidable opportunité de se renouveler, toujours.  Je me suis prise des ‘claques’, j’ose le dire. Et chacune m’a fait me remettre en question. Et à chaque fois, nous avons évolué un peu plus ! S’il n’y avait pas eu ces moments difficiles, notre entreprise n’aurait pas évolué comme elle l’a fait. 

 

Quelques conseils pour se défendre

On peut faire preuve d’empathie quand il le faut, mais il faut aussi savoir s’en détacher et se défendre, quand on l’utilise à notre insu ! Nous, les personnes atypiques, nous avons besoin de mettre en place certaines stratégies, pour pallier à ce petit ‘bug’ de notre cerveau. Ces stratégies ne sont pas toujours naturelles et souvent imparfaites mais c’est mieux que rien. Voici les miennes, n’hésitez pas à partager les vôtres en commentaires. 

 

Les clients qui ne veulent pas payer

En 15 ans d’entrepreneuriat, ça ne m’est pas souvent arrivé, mais j’ai été confrontée parfois à des clients qui ne veulent pas payer.
Et là, ils vont être très ingénieux pour vous toucher. N’ayons pas peur des mots : ils vont tout faire pour vous faire ‘pitié’. Et chez nous, ça marche bien sûr ! Et si cela ne marche pas, parfois, ils s’énervent et cherchent la ‘petite bête’. Et là, c’est assez difficile émotionnellement. 

Pour ma part, j’ai mis en place 2 stratégies :

  • Ce n’est pas moi qui gère les questions financières dans l’entreprise. C’est Miloud, mon conjoint et associé (pour ceux qui ne suivraient pas régulièrement le Blog > ah bon ? c’est dommage). C’est lui qui décide et qui gère l’étape ‘facturation’. Il n’a pas la même sensibilité que moi, ni le même rapport à l’argent que moi (et heureusement). Et comme en plus, il ne rencontre jamais nos ‘clients’, il est complètement objectif. Je ne fais qu’être intermédiaire et expliquant que je ne prends pas la décision (et c’est vrai). 
  • En contrepartie de mon hypersensibilité, j’ai un sens de la justice assez important (comme beaucoup d’hypersensible et/ou de zèbres) . Bref, je suis assez rigide et procédurière : les règles sont les règles. Du coup, face à une réclamation d’ordre financière, je me concentre sur ‘les règles’ (le contrat, les CGV, éventuellement le droit de la conso). Mon cerveau est complètement absorbé pas la dimension procédurière qui me coupe de toute la partie émotionnelle. J’essaie de rester concentrer là-dessus, et comme je suis un peu têtue, ça aide. Bien sûr, je ne communique que par mail, dans ces situations. 

Je trouve que les petites expressions “les bons comptes font les bons amis” et  “tout travail mérite salaire” sont aussi très utiles. Quand on a créé des liens de proximité avec les clients et qu’on a pas envie d’entrer directement dans la phase ‘procédurière’, ce sont des petites phrases bienveillantes qui, dites sur un ton léger, permettent de faire comprendre clairement que malgré tout, il y a une relation contractuelle. 

 

Quand la malveillance vient de nos partenaires

Collaborateurs, sous-traitants, partenaires … Dans une carrière, les entrepreneur·e·s hypersensibles finissent toujours par travailler un jour ou l’autre avec une personne malveillante. Pour moi, pour le moment, la solution est de limiter le nombre de personnes qui m’entourent. Je ne l’ai pas toujours fait.

Dans le développement de nos entreprises, il faut bien prendre en compte ce paramètre : nous ne sommes pas vraiment fait pour manager et/ou collaborer avec des équipes importantes en nombre sur le long terme au quotidien (je ne parle pas de coordonner un mariage mais vraiment de collaborations longues sur un même projet et au quotidien). Il faut développer nos entreprises en fonction de qui nous sommes, nos valeurs mais aussi nos modes de fonctionnement. Il y a un an, j’ai cessé de me borner à vouloir une certaine organisation dans mon entreprise. Et depuis, tout a changé. J’ai su prendre en compte qui j’étais. 

Mais comment faire pour faire le vide autour de soi et savoir en qui on peut avoir confiance ?  Dans le monde professionnel, souvent, l’intérêt des personnes malveillantes est exclusivement financier. Or, je pense sincèrement que même si l’objet principal d’un partenariat ou d’une collaboration est financier, il y a aussi la sympathie que l’on crée au fur et à mesure de la relation, l’envie de travailler pour un projet et y adhérer, le respect mutuel, … Pour repérer les personnes qui ne se soucient pas vraiment de votre projet mais vous voient uniquement comme une ‘opportunité’, il suffit d’utiliser le levier ‘financier’. On peut donner le sentiment que notre activité va mal ou qu’il est probable qu’on ne puisse plus apporter le même volume d’opportunités à l’avenir, que ce soit vrai … ou non. . Le tri est instantané. C’est moche. Je sais. 

 

Et les concurrents ?

Ce sont les personnes de qui vous devez le plus vous attendre à des attaques. Nous avons été beaucoup attaqués, mais comme dit plus haut… Souvent, ce ne sont pas des ‘lumières’ et cela se règle dont rapidement. Les gens intelligents sont empathes et créatifs. Ils ne ressentent pas le besoin de nuire aux autres pour réussir et ils n’ont pas besoin d’aller voir ce que font les voisins pour trouver l’inspiration. 

Ce sont des situations peu agréables, c’est certain. Il ne faut rien laisser passer. Je suis tout de suite très procédurière, même pour des broutilles.

Là encore, notre mode de fonctionnement nous vient en aide. Car contrairement à ce qui peut être attendu par les concurrents, nous ne rentrerons pas dans leurs jeux en surenchérissant. Ils n’arrivent donc jamais à deviner quelle direction nous prendrons. Ils se trouvent alors déstabilisés. 

 

Enfin, tout ce chemin n’aurait pas été possible sans le soutien de mon conjoint et associé. Je lui suis reconnaissante de me soutenir et accepter mon hypersensibilité, même si ce n’est pas toujours facile à vivre au quotidien. 

 

J’espère que cet article a pu vous apporter quelque chose ! Si c’est le cas, merci de le partager et n’hésitez pas à commenter ci-dessous également. 

 

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