Et puis … Le Burn-out [entrepreneurial]

par Anne-Marie MECHERI

Je ne pouvais démarrer ce Blog, sans vous parler de Burn-out. Le burn-out entrepreneurial, quel paradoxe ! Généralement, on parle souvent de burn-out pour des salariés qui se reconvertissent professionnellement et … montent leur propre business.

Sauf que nous, nous l’avons notre propre business. On a choisi notre métier, les valeurs de notre entreprise, notre organisation. Nous sommes maîtres de notre activité professionnelle. Et pourtant !

Comment reconnaitre qu’on fait un burn-out entrepreneurial ? Quelles sont les raisons qui peuvent expliquer le burn-out de l’entrepreneur ? Pourquoi j’ai fait un burn-out? Comment sortir du burn-out ?

Tant de questions auxquelles, je me risque à tenter de trouver quelques réponses dans cet article. Et je commencerai par essayer de comprendre ce qu’est le burn-out et comment le reconnaitre.

//Attention, l’histoire se finit bien ! Je suis toujours entrepreneure et extrêmement épanouie de l’être. Il m’a fallu juste faire quelques ajustements. C’est la raison d’être de ce Blog. Cet article, et le blog, ont pour but de vous aider à faire ces ajustements, après un burn-out entrepreneurial, ou pour l’éviter, justement ! 

Le burn-out entrepreneurial, c’est quoi ?

Le burn-out semble se définir comme un ‘épuisement professionnel’. Un épuisement à divers niveaux : émotionnel, mental, et physique.

Le burn-out serait susceptible de concerner toutes les personnes qui exercent un métier exigeant un engagement professionnel intense.

Pour Christina Maslach et Michael Leiter le burn-out est « l’écartèlement entre ce que les gens sont et ce qu’ils doivent faire. Il représente une érosion des valeurs, de la dignité, de l’esprit et de la volonté – une érosion de l’âme humaine. C’est une souffrance qui se renforce progressivement et continûment, aspirant le sujet dans une spirale descendante dont il est difficile de s’extraire… Qu’arrive-t-il lorsque le burn-out vous gagne ? En fait, trois événements surviennent : vous vous sentez chroniquement épuisé ; vous devenez cynique et détaché·e de votre travail; et vous vous sentez de plus en plus inefficace dans votre job »

 

Pourquoi il est compliqué de reconnaître le burn-out lorsqu’on est chef·fe d’entreprise ?

C’est assez paradoxal. Depuis plusieurs années, je formais des personnes en reconversion professionnelle, vers la création d’entreprise. Dont certaines sortaient d’un burn-out. Et là, c’était à moi que ça arrivait.
Lorsqu’on est entrepreneur, non seulement on l’a choisi, mais on a nous-même construit notre organisation. Beaucoup choisissent d’ailleurs souvent l’entrepreneuriat pour sortir d’un burn-out après des années de salariat. Comment cela pourrait être source de burn-out ?

C’est donc tellement paradoxal, qu’on n’y pense pas. La première fois que j’ai employé ce mot c’était au début du confinement, il y a un an. Lorsque ce blog commençait à naître. Alors que j’étais largement sur la voie de la sortie, et que le burn-out s’était sans doute installé insidieusement depuis déjà quelques années.

La première étape pour reconnaitre le burn-out entrepreneurial, lorsqu’on est chef·fe d’entreprise, c’est de savoir justement que cela peut arriver à l’entrepreneur. Et même lorsque notre entreprise va bien (et c’est sans doute ça le plus paradoxal).

 

Comment j’ai compris que je faisais un burn-out entrepreneurial ?

Pour ma part, j’ai commencé à envisager le burn-out entrepreneurial, par hasard, après être tombée sur une vidéo. C’était le témoignage d’une créatrice dans le milieu de la mode qui expliquait qu’après un énième souci avant un défilé, la pression était telle qu’en pleine journée, elle est partie, et n’est jamais revenue. Et là, j’ai compris. Parce que c’était ce que j’avais ressenti à de nombreuses reprises : l’envie de partir, de tout laisser là. Tant pis. Parce qu’on se demande : Qu’est-ce que je fais là ? Pourquoi je m’impose ça ?  Malgré qu’on aime son entreprise. Paradoxal, je vous disais donc ! //  Mais ça n’a rien à voir avec toutes les personnes hyperbienveillantes que j’ai pu rencontrer dans mon activité. Je tiens à rassurée celles et ceux qui me suivent par ici. Au contraire, vous avez été ma bouffée d’oxygène. C’est moi qui me suis imposée beaucoup de choses (trop de déplacements, trop de projets, trop de motivation,  trop de tout, …). 

Mais, on ne le fait pas. Sans doute parce qu’en tant qu’entrepreneur, on sait qu’il n’existe personne pour gérer notre départ. Comme le dit toujours ma moitié : « Personne n’est indispensable ». Mais lorsqu’on est entrepreneure, on a du mal à la croire.

J’ai retrouvé cette vidéo à l’occasion de l’écriture de cet article.

 

 

Les signes du Burn-out

Le déni, pas de signes avant-coureurs

Bien que je n’ai pas mis tout de suite le mot « burn-out » sur ce qui m’arrivait, ça a été assez soudain et brutal, finalement. Sans doute parce que j’avais été dans le déni jusque-là. En tant que personne hypersensible, je sais ce qu’est une crise d’angoisse, et cela ne m’inquiète pas plus que ça. De même, je suis une personne qui cogite beaucoup de nature, donc pas d’inquiétude non plus quand je suis dans ma roue de hamster pendant 3 jours. Ça fait 10 ans, que je suis stressée et fatiguée, parfois positivement. Donc là également, pas de signal d’alarme pour moi. C’est vrai que j’en avais ‘marre’ de courir tout le temps, du rythme que je m’étais moi-même imposé, et je cherchais des solutions, qui empireront la situation. Mais je n’avais pas pensé être en ‘burn-out’.  Jamais. 

Il ne me semble pas avoir ressenti plus de crises d’angoisse que d’habitude, avant le jour dont je vais vous parler. Mais un peu plus de cogitations et de stress, c’est probable. Bref, du jour au lendemain, lors d’un petit voyage (sans doute la décompression faisant son travail), j’ai eu une forte crise d’angoisse … qui n’a pas pris fin pendant plusieurs mois.

 

Anxiété généralisée

Lorsqu’on sait ce qu’est une crise d’angoisse, que l’on connaît sa durée (1h maximum), qu’au bout de 24h, ça ne passe toujours pas, et que l’angoisse monte toujours un peu plus, on sent tout de suite que quelque chose ne va pas. À ce moment et pour plusieurs mois, je ne pense pas du tout au burn-out, à l’accumulation du stress.

Mais l’angoisse de ne pas sortir de cet état, entretien cet état. C’est un cercle vicieux qui ne s’arrête pas. J’angoisse d’angoisser. Je n’avais jamais vécu ça. Et autour de moi, personne ne se doute ce qu’il peut m’arriver. C’est un état intérieur complétement invisible. Le corps est en état d’alerte permanent. Une peur continue. Difficile de se concentrer, si ce n’est sur des tâches en mode automatique. Impossible de ressentir d’émotions positives. Au mieux, c’est neutre.

 

Perte de sommeil et d’appétit

Certains peuvent ressentir une perte d’appétit et vivre des insomnies. Pour ma part, ça été le contraire pour le sommeil. Mon corps utilisait tellement d’énergie à être en état d’alerte permanent, que je m’écroulais, et appréciais ces seules heures de lâcher prise.

 

Perte de motivation

Il peut aussi y avoir une perte de motivation importante, handicapant fortement les capacités de concentration et donc, la réalisation de son travail.

 

Dépression

Un autre des signes du burn-out entrepreneurial peut être un sentiment de ‘déprime’, annonciateur. Ça n’a pas été mon cas. 

 

Les raisons du burn-out

Après avoir présenté le burn-out de l’entrepreneur, voici la liste des raisons que j’ai pu identifier. 

La liberté est un leurre

À moins que l’on ne décide consciemment de faire du slowbusiness et que l’on ait choisi l’entrepreneuriat pour justement sortir d’un burn-out, la liberté qu’offre l’entrepreneuriat est un leurre. Mais pas de panique, si vous lisez ces lignes, vous vous intéressez donc à la question.  Et dans ce cas, l’entrepreneuriat pourrait vous apporter la liberté, malgré tout.
Que l’on soit salarié ou entrepreneur, nous sommes tous soumis aux lois économiques de ce monde, à moins qu’on le conscientise avant de se lancer. Ce qui n’était clairement pas mon cas. Et ce qui, soyons honnête, n’est pas le cas d’un grand nombre d’entrepreneurs. En tout cas, il y a 15 ans c’était bien différent d’aujourd’hui. Aujourd’hui, on parle plus librement d’entreprise éthique, de bienveillance, … Ce n’était pas le cas lorsque je me suis lancée.
La loi du business est de plus en plus difficile à suivre : produire toujours plus, faire face à la concurrence, …
Pour peu qu’on soit hypersensible et/ou que nos valeurs s’éloignent grandement de celles du marché dans lequel notre entreprise évolue, on se sent vite submergé et impuissant.

 

Le décalage entre les valeurs de l’entreprise et les nôtres

Mais comment peut-on parler de décalage entre les valeurs de l’entreprise et les nôtres, lorsqu’il s’agit de notre propre entreprise ?

Tout simplement parce que les injonctions de la société sont fortes. Notre petit business va devoir s’adapter au marché, aux clients, à la conjoncture, à la réglementation, … En essayant de respecter tout ça, répondre aux besoins de tous, on finit par s’éloigner de nos aspirations premières, de ce qui nous a donné l’envie d’entreprendre.

Ainsi, j’ai vraiment ressenti le burn-out ‘entrepreneurial’ comme : 

“le moment où les rêves que j’avais pour mon entreprise s’éloignaient petit à petit des rêves que j’avais pour moi et de mon projet de vie personnel.” 

Avec tristesse, à ce moment-là, j’ai pensé qu’il fallait donc faire un choix. Et j’étais prête à le faire. Et en me dirigeant dans cette direction, la vie m’a montré un autre chemin. J’ai suivi, sans me poser de question. 

Le temps passe …

De la jeune entreprise à un rythme de croisière

Lorsqu’on démarre, on travaille très dur pour avoir des clients. On déploie beaucoup d’énergie. Et c’est ce qu’il faut à ce moment-là. Quel paradoxe, lorsque notre activité se développe, de ne pas pouvoir donner suite à des demandes qu’on a pourtant mis tellement d’énergie à obtenir. Et puis, on sait jamais de quoi demain sera fait. 

Alors on va trouver le moyen de s’organiser pour y donner suite. Mais cette organisation n’est pas toujours optimale. Tant qu’on a la tête dans le guidon, on ne s’en rend pas toujours compte. Cette énergie que l’on donne au démarrage ne peut pas tenir dans la durée. Il faut ensuite savoir voir à long terme et réorganiser son activité sur un rythme de croisière.

Mais on se sent comme pris dans une spirale qu’on ne peut plus arrêter. Le monde continue de tourner. Il nous semble impossible de se prendre un temps de recul pour recalibrer tout ça. Et 10 ans sont passés sans qu’on ne s’en soit rendu compte.

 

Burn-out, crise de la quarantaine et pyramide de Maslow

Créer son entreprise à la vingtaine et créer à la trentaine/quarantaine est différent. Je n’ai pas créé après un ras-le-bol du salariat. Je n’avais donc par encore d’idées de ce que je ne voulais pas. J’ai créé jeune. Je suis entrepreneure depuis mes 22 ans, avec toute l’ambition et la fougue que cela implique. L’approche de la quarantaine, vient chambouler aussi la vision de l’entrepreneuriat.

Nos besoins changent, tout au long de notre vie. Je lisais récemment « Devenir le meilleur de soi-même » d’Abraham Maslow. Bref, l’ouvrage où il explique sa pyramide des besoins et sa théorie de la motivation. Et ça a été très instructif, sur la compréhension des besoins différents que j’avais, que je ne comprenais pas et dont mes proches se surprenaient (j’ai pourtant une activité qui va bien ?) . Rien à voir avec l’entrepreneuriat. C’est universel à tous, quelle que soit notre activité professionnelle. De celle qu’on a choisi à vingt ans ne découle pas des mêmes aspirations qu’à la quarantaine. Souvent la vingtaine, c’est le besoin de sécurité (gagner sa vie), d’appartenance social et éventuellement d’estime de soi. Ce qu’une carrière professionnelle apportera en partie. Mais lorsqu’on arrive au besoin de se réaliser (la quête de sens / crise existentielle), c’est plus compliqué. Souvent cette carrière n’y répond pas. Attention, tout le monde ne rencontre pas forcément ce besoin dans sa vie. Tout plaquer pour aller planter des carottes n’est pas compris par la majorité. 

 

Ma vie d’entrepreneure, c’était parfois “le sens de la fête” 

“Le sens de la fête” est un film que j’aime beaucoup. J’en profite pour une petite pensée pour ce fabuleux acteur qui nous a quitté récemment, Jean-Pierre Bacri, qui incarne magnifiquement le rôle du chef d’entreprise. 

Je ne cite pas ce film parce qu’il parle de mariage. Mais pour la cacophonie quotidienne dans lequel évolue le chef d’entreprise. Et tous les chef·fe·s d’entreprise savent que ce film n’est pas une caricature. Travailler avec d’autres, cela nécessite beaucoup de patience, car chacun est différent. Bien sûr, comme dans le film, l’entreprise et ses sous-traitant sont une grande famille. Je suis tellement reconnaissante de l’engagement de la plupart. C’est une expérience humaine unique. Mais comme dans le film, le chef d’entreprise qui a trop d’empathie et qui est “trop gentil” se fait vite happer. On essaie de satisfaire tout le monde, tout en prenant en compte les contraintes de notre activité, mais ce n’est humainement pas possible. Tout le monde ne le comprend pas. Comme dans le film, aussi, le chef d’entreprise n’est pas parfait et sa façon d’être va également impacter son relationnel avec ses partenaires. 

Cette phrase si poignante de Bacri “Il n’y a personne qui comprend que je joue ma vie moi. À chaque soirée [formation, pour moi] je joue ma vie”. Ce passage du film il m’émeut tellement. Car il y a des moments où c’est ce que l’on ressent. On essaie de faire le maximum pour que chacun se sente bien pour travailler et soit épanoui·e dans son quotidien, tout en développant notre entreprise mais, parfois, on ne sent pas toujours compris dans cette démarche.  

 

Le chef·fe d’entreprise : celui qui règle tous les soucis

Le chef·fe d’entreprise c’est aussi celui qui règle tous les soucis mais qui reçoit peu de remerciements ou de témoignages de satisfaction. En effet, ce sont toujours les personnes “interfaces” qui reçoivent les éloges, et c’est tout à fait normal. Par contre, dès qu’il y a un souci, ces personnes “interfaces” se désolidarisent parfois, qu’elles soient responsables ou non.

Quoiqu’il arrive, plus on délègue, pour justement se décharger, plus il y a de personnes ‘interfaces’ et plus on sent, paradoxalement, un déséquilibre. On se sent complètement détachée du véritable quotidien de l’activité de l’entreprise, des bons moments. Comme l’impression qu’il y a plus de problèmes à gérer que de satisfaction, alors que notre service s’améliore avec les années.  C’est une illusion, mais qui est néfaste pour l’entrepreneur·e qui a besoin d’estime de lui-même, comme tout le monde. Bien que plébiscité par tous les coachs en développement d’entreprise, “déléguer” n’est pas toujours une bonne solution. J’en reparlerai. 

Le mode multitâche et ses conséquences

Ce que vivent un peu moins les salariés, de manière générale dans notre société très cloisonnée (où chacun a une place précise), c’est le mode multitâche. Dans une même journée, il faut être commerciale, comptable, prestataire de service, consultant, chargé de communication, chargé de clientèle, …

C’est un cercle vicieux. Lorsque la charge de travail commence à augmenter, notre cerveau passe d’une tâche à l’autre dans des lapses de temps très courts. Il est démontré scientifiquement que, lorsqu’on est interrompu dans une tâche, il faut 20 min au cerveau pour se concentrer à nouveau correctement.

On commence donc à faire des erreurs, des oublis. Non seulement le rythme continue d’augmenter mais il nous faut prendre du temps pour corriger des erreurs et les oublis. Et pour peu qu’on soit hypersensible, il faudrait aussi un temps de gestion du sentiment de culpabilité. Ça prête à sourire, je sais. Mais pour ma part, je peux cogiter de 2h à 3 jours, sur une erreur ou un problème avec un partenaire ou un client. Et cogiter, ça signifie ne plus être concentrée et perdre du temps à nouveau.

 

Burn-out de l’entrepreneur et crise sanitaire de la covid 19 (ou conjoncture)

Et puis, il y a un autre type de burn-out, celui qui est dû à la situation économique. Une anxiété qui grandit par peur de ne plus faire face financièrement.

Depuis quelques années, on a beaucoup parlé du suicide chez les agriculteurs, formidablement illustré dans le film « Au nom de la terre » de Guillaume Canet.

Mais aujourd’hui c’est tout notre pays, et le monde, qui met à mal ses commerçants, artisans et indépendants. Pour ma part, j’ai vécu cette crise comme la longue pause dont j’avais besoin pour sortir de ce burn-out. Mais je sais que pour beaucoup d’autres, cette crise marque, au contraire, le début d’un épuisement professionnel et d’un découragement.

Que l’on soit épuisé par le travail, par peur de ne pas gagner assez. Ou que l’on rencontre la dépression suite à l’ennuie engendré par l’arrêt imposé de notre activité. Le résultat est le même. C’est un profond désespoir qui apparait. Un sentiment qu’il est difficile de faire disparaitre.

Burn-out et anxiété dû à la conjoncture 

Au delà de la crise sanitaire actuelle, nos politiques, en voulant peut-être parfois bien faire, prennent souvent des décisions radicales qui pèsent sur les petites entreprises, sans se rendre compte de la mise en danger de ces petits business. 

Toi, tu évolues tranquillement sur ton marché, avec une organisation bien rôdée, depuis des années. Et tout à coup, une loi change. Et sa mise en vigueur, c’est pour demain. J’exagère à peine. La gestion de la Covid 19 en est, encore, un bon exemple. 

Être entrepreneurs en France, c’est aussi ça. Se sentir comme avec une épée de Damoclès sur la tête, avec toute l’anxiété que ça implique. Ne pas savoir si l’environnement légal de notre entreprise risque d’être chamboulé du jour au lendemain, en fonction de la conjoncture ou des nouvelles élections.  Et mon milieu de la formation n’a pas été épargné. 

 

Les raisons liées à un atypisme

Burn-out et hypersensibilité

Le monde du business peut parfois être difficile. 

Jouer à des jeux de stratégie, manipulation et trahison. Puis réseauter et collaborer ensemble, comme si de rien était. C’est le quotidien de beaucoup de professionnels dans de nombreux secteurs. Et pour peu que l’on ne soit pas atypique et très à l’aise avec ces codes sociaux, ce n’est pas du tout facteur d’anxiété.

Mais personnellement, même après 15 ans je n’ai toujours pas compris les règles du jeu. 

Pour moi, être confrontée aux lois du business c’est comme une claque à chaque fois. Chaque claque est un tsunami émotionnel. Tous les tsunamis s’accumulant avec les années sans que j’ai mis en place des phases de ‘décompression’. Je n’avais pas conscience de mes émotions, pas conscience de ce qu’était vraiment l’anxiété, donc aucune idée de comment me décharger émotionnellement. Pas de sport, pas de méditation, pas de balade en nature (sauf pendant nos voyages), pas de lectures, … C’était métro, boulot, dodo…

 

Burn-out et cerveau droit

Avoir un cerveau droit est aussi source d’épuisement. Mais pourquoi ?

Une forte créativité

Cette qualité même qui fait de nous des entrepreneurs, peut aussi nous amener au Burn-out. Trop d’idées, trop de passion. On finit par s’imposer des situations et des projets de développement pas toujours faisables humainement, en termes de charge de travail.

Addiction au travail

Je suis addict au travail. Bien que le mot travail n’est pas de sens pour moi dans ce contexte. Je suis addict à créer, à faire fonctionner mon intellect, à satisfaire mon besoin d’apprendre, … Bref, mon cerveau déteste l’ennui. Et ne pas lui donner satisfaction est compliqué, voir néfaste. Mais le suivre pleinement est épuisant pour le corps, le mental mais aussi le relationnel (et donc la vie de famille). Pourtant, tant qu’on en arrive pas au burn-out, difficile d’en avoir conscience. 

Des process complexes

J’ai une pensée trop complexe, et je n’en avais pas conscience. Je reparlerai de “pensée en arborescence”. Pour moi, tout était simple et logique. Mais je ne me rendais pas compte à quel point les process que je construisais dans mon entreprise étaient compliqués pour les autres (donc sources d’incompréhensions, difficiles à mettre en place et chronophages). Le minimalisme va beaucoup m’aider !

La découverte, les regrets  

Découvrir des potentiels dont on ne se doutait pas, c’est aussi avoir des regrets et des envies de se réaliser. Et se rendre compte que notre activité actuelle, telle qu’elle est organisée en tout cas, ne nous apportera pas cette réalisation.

Burn out et syndrome de l’imposteur

Tout a commencé de rien.   Je me suis retrouvée là sans trop savoir comment, au fil de mes idées farfelues.

J’ai appris à davantage connaitre ce symptôme récemment, et je crois bien qu’il fait partir des raisons du Burn out. Lorsqu’on ne se sent pas à sa place, et que l’on doute beaucoup comme moi, le syndrome de l’imposteur peut provoquer un besoin d’être toujours la meilleure. C’est un des symptômes du syndrome, avec tout ce que ça implique.  Comme si on avait toujours besoin de prouver quelque chose, d’être parfaite. Je me suis donc imposée beaucoup au regard de ce syndrome, je pense. 

Je pense avoir fait le tour !  Mais je ne vais pas en rester là. Un article suit, avec les solutions bien sûr ! Parce que j’ai pu surmonter ça et je remercie chaque jour la vie de m’avoir fait passer par là. Sans ça, je n’aurais sans doute pas la vie que je mène aujourd’hui en étant toujours entrepreneure ! 

N’hésitez pas à commenter si vous êtes dans cette situation. 

0 commentaire

Vous aimerez aussi

Laisser un commentaire

Ce site utilise Akismet pour réduire les indésirables. En savoir plus sur comment les données de vos commentaires sont utilisées.